Vivre et entreprendre aujourd’hui en agriculture

L’assemblée générale de la Coordination Rurale d’Indre-et-Loire s’est tenue jeudi 6 décembre 2012 au château de Cangé à St Avertin. Le coup d’envoi pour les élections de janvier 2013 à la chambre d’agriculture a été donné. Michel Le Pape, président de la CR 37, a lancé le débat avant de céder la parole à Didier Tranchant, éleveur laitier à Bossay sur Claise, qui conduira la liste des candidats. Cette liste comporte sept femmes et rassemble toutes les productions du département. (voir liste ci-contre).
 

L’enjeu est de taille. Le résultat des élections 2013 à la chambre d’agriculture conditionnera l’avenir des filières agricoles pour les prochaines années. Chaque vote comptera.
Bernard Lannes, le Président national de la Coordination Rurale a rappelé que la CR propose une politique de régulation européenne.
« La politique agricole actuelle, inspirée du Xe Plan de développement économique (1989-1992), a été voulue et validée par les représentants de la FNSEA.
La reconquêtes de nos marges passe par le syndicalisme. En effet les politiques que nous subissons sont mises en oeuvre par les pouvoirs publics, sur lesquels seule l’action collective peut influer. L’objectif qui gouverne les actions de la CR est de reprendre le revenu qui nous revient. Les agricultrices et agriculteurs n’ont pas vocation à rester misérables : au regard du temps de travail sur nos exploitations, les revenus dégagés relèvent bien souvent des minimums sociaux voire en sont largement inférieurs.
Dans l’avenir, ceux qui détiendront les terres conserveront leur indépendance. La propriété du foncier doit rester entre les mains des agriculteurs sous peine d’appauvrissement.
Nous voulons des prix pas des aides. Ces dernières seront, certes, parfois nécessaires pour maintenir une agriculture sur tout le territoire, mais il est possible de vivre avec moins d’aides à condition qu’il y ait des filets de sécurité. La solution est politique avec la mise en place de mécanismes de régulation : il faut repenser l’utilisation des stocks et du mécanisme de l’intervention.»
Les échanges ont été fructueux, animés, passionnés et passionnants autour des interventions de Dominique Faucon, SC2, sur le thème « Utiliser les informations techniques pour optimiser les facteurs de production » et de Michel Poirot, Agro-stratégie, « Quelle stratégie pour mon exploitation ».
Le colloque s’est terminé autour d’un cocktail au cours duquel les échanges se sont poursuivis.

DIDIER TRANCHANT TÊTE DE LISTE POUR LES ÉLECTIONS À LA CHAMBRE D’AGRICULTURE

didier-tranchantJ’ai le plaisir de vous présenter la liste des agricultrices et agriculteurs qui se portent candidats à la Chambre d’agriculture départementale. Ce sont des femmes et des hommes qui s’engagent dans la défense de notre métier. Ce sont des femmes et des hommes qui vous ressemblent, qui représentent la diversité des productions et des exploitations du département.
Une équipe d’agricultrices et d’agriculteurs, agissant en complémentarité, chacune et chacun ayant déjà des responsabilités à l’échelle de son exploitation, de CUMA, de syndicats spécialisés ou encore d’associations et dont la diversité des parcours témoigne de la richesse de notre profession. La CR n’est pas un syndicat où il est demandé à chacun de se fondre dans la masse : nous représentons la multiplicité de notre agriculture. Nous voulons une agriculture ouverte sur l’avenir et la société, porteuse de projets nouveaux.
Les personnes de la liste que nous vous présentons sont issues de parcours différents et variés : jeunes venant de s’installer, agricultrices ou agriculteurs ayant repris l’exploitation familiale ou s’étant installés hors cadre familial, personnes ayant rejoint l’agriculture après une expérience dans un autre domaine. Toutes et tous sont animés par la passion du métier.

Sept femmes sont présentes sur notre liste. En effet, notre métier se féminise, c’est une richesse qu’il faut valoriser.
Nous sommes aussi présents pour représenter les personnes retraitées qui ont façonné l’agriculture d’aujourd’hui. C’est grâce à elles que notre syndicat s’est construit et bien des combats restent à mener. C’est ensemble que nous pourrons peser. Il n’y a pas de petite contribution, chacun en s’engageant, à son niveau, dans le soutien aux idées que nous portons, participe dès à présent au changement que nous souhaitons.
«100 % agriculteurs», ce slogan porté par la Coordination Rurale reflète bien les valeurs qui nous animent : travailler exclusivement dans l’intérêt des agriculteurs, être proche de chacune et chacun, agir de la même manière sur le plan local comme au niveau national. De nombreux exemples montrent que ces valeurs sont régulièrement remises en cause et qu’il faut, sur chaque dossier, continuer à porter l’intérêt des producteurs.
La FNSEA se revendique être un syndicalisme de solution. En effet, elle est
- responsable d’une loi honteuse visant à réduire les indemnisations de dégâts de gibier
- responsable de la taxation des semences fermières,
- responsable de l’accord du 3 juin 2009 sur le prix du lait ne couvrant pas les coûts de production.
A la CR, nous défendons les producteurs.
Sur des questions telles que l’équité de traitement des dossiers, la reconnaissance des femmes souhaitant s’installer, le maintien de la propriété du foncier aux agriculteurs, il est important qu’une autre voix s’élève.
Lors des élections à la Chambre d’agriculture de janvier 2013, chacune et chacun d’entre nous choisira l’orientation de notre agriculture tourangelle pour les 6 prochaines années. Changer c’est vital.
Votons responsable, votons CR !

CHRISTOPHE GIRAULT, VICE-PRÉSIDENT RAPPORT MORAL

En introduction, je tiens à revenir sur l’historique et les valeurs portées par notre syndicat.
Notre syndicat départemental est issu de la scission, à la fin des années 60, avec la FNSEA qui ne portait pas, et cela encore aujourd’hui, la voix des producteurs. A la création
de la Coordination Rurale en 1992, notre syndicat départemental à rejoint ce mouvement qui, fort de son succès, s’est transformé en organisation syndicale et a rapidement
obtenu la représentativité auprès des pouvoirs publics.
La Coordination Rurale est le seul syndicat agricole indépendant de toute organisation économique et politique.
La CR est dirigée par des agriculteurs
qui vivent de leur activité et qui revendiquent une entière autonomie de décision.
Elle est le seul syndicat qui propose un profond changement pour l’agriculture du XXIe siècle, en rupture avec les structures et les politiques du passé qui ont échoué.
La CR défend les agriculteurs mais elle ne le fait pas de manière corporatiste, puisqu’elle prend en compte l’intérêt général dans ses analyses et ses propositions.
Notre combat est et restera celui de la défense du revenu agricole.
Nous le menons notamment filière par filière avec les groupes spécialisés qui se réunissent au sein de notre syndicat départemental et notamment sur la question :
- des ressources en eau et de l’irrigation
- du foncier,
- de l’installation,
- des dégâts de gibier.
Tous les agriculteurs concernés peuvent se joindre à ces groupes.
Les actions de représentation se poursuivent :
- à la CDOA,
- à la SAFER,
- à la Chambre d’Agriculture,
- dans les diverses commissions départementales, où les représentants de la CR ont à coeur de veiller au traitement équitable des dossiers.
Par exemple, lors de la préparation des négociations pour la revalorisation des valeurs vénales des terres, il a fallu s’imposer et se battre pour faire valoir les intérêts des agriculteurs, notamment ceux touchés par la LGV. La position initiale de l’UDSEA était de ne pas trop augmenter les indemnisations pour ne pas renchérir le prix des terres, or avec l’emprise de la LGV, ces terres perdaient malheureusement leur vocation agricole. Grâce à notre action, les producteurs vont pouvoir recevoir une plus juste indemnisation.
Sur le plan de la gestion de l’irrigation, l’année exceptionnelle que nous avons connue a nécessité la réunion du comité sécheresse au cours de l’été. Par manque d’implication de la Chambre d’Agriculture, ce sont les animateurs des syndicats qui ont contacté les agriculteurs pour proposer à l’administration des demandes de dérogation.
Outre la confusion des genres, on peut s’interroger sur l’efficacité de la méthode. Cette situation n’est pas acceptable et doit être changée.
Sur le plan régional, nous participons aux activités de la CR Centre, notamment dans les discussions par filières. Le niveau régional devient de plus en plus l’échelon de référence. Cela est notamment vrai en ce qui concerne le lait et les quotas laitiers. Nous vous invitons à nous solliciter chaque fois que cela est nécessaire pour défendre votre dossier.
Nous apportons aussi une attention particulière au suivi du dossier directive nitrates. La Chambre d’agriculture s’est associée à l’UDSEA pour proposer à l’administration une analyse partielle, sans concertation avec les autres organisations syndicales. La CR a apporté sa contribution en posant le vrai problème : celui du lien non prouvé entre les zones vulnérables d’Indre-et-Loire et les algues vertes en Bretagne. Nous voyons aujourd’hui que cette analyse a un écho auprès des pouvoirs publics qui sont en train de revoir leur position.

Que de temps et d’énergie gaspillée du fait des pratiques habituelles de la cogestion que nous dénonçons.
Sur le plan de l’installation, l’équipe des JACR est toujours aussi active et apporte un soutien à celles et ceux qui ont un projet d’installation. «La journée de l’installation», organisée chaque année par les JACR permet de communiquer auprès des établissements scolaires agricoles.
Le travail de fond continue aussi avec l’ADAR pour la revalorisation des retraites agricoles et la défense des conditions de vie des retraités de l’agriculture.
Le système actuel impose des subventions pour pouvoir vivre et que nous sommes bien obligés d’accepter.
Cela crée une dépendance et a été bien compris, dès le départ, par la FNSEA qui a cautionné la mise en place des aides et qui continue aujourd’hui de la même manière avec :
- le GNR pour écouler les stocks de Sofiprotéol,
- la contractualisation imposée,
- le certiphyto, très utile pour les organismes de formation,
- le plan de solidarité céréaliers-éleveurs qui va alimenter un fond d’investissement, géré par les satellites de la FNSEA.
A la Coordination Rurale nous ne voulons plus de ce système qui ne met pas les agriculteurs au centre des décisions.
Ainsi, nous nous engageons dans les élections à la Chambre d’Agriculture pour que cette dernière :
- Rassemble les producteurs, en tenant compte de la diversité des opinions.
- Participe activement à la gestion des ressources, en mettant en premier l’intérêt des producteurs.
- Facilite l’accès au métier d’agriculteur en accompagnant, en toute neutralité, les porteurs de projet.
La Coordination Rurale défend une Chambre d’agriculture forte et indépendante, ayant la liberté d’agir auprès des acteurs économiques et politiques locaux.